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Revue de presse

Procès Carlos : trouble à l’évocation de l’attentat de la gare Saint-Charles

18/11/2011

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A la gare Saint-Charles de Marseille, ce 31 décembre 1983, "c’était carrément Beyrouth", a décrit vendredi devant la cour d’assises spéciale de Paris un enquêteur intervenu sur l’attentat qui a fait deux morts et 33 blessés.

"Au niveau de la salle des consignes, c’était carrément Beyrouth", a raconté Philippe Gallorini, ancien de la police judiciaire de Marseille. Pour rajouter à cette vision de chaos, "de l’eau coulait partout", car des canalisations avaient explosé, "c’était vraiment le chantier".

« Il était complètement déchiqueté »

Quelques minutes plus tôt, à 20H08, l’armoire contenant les casiers 608 à 611 a volé en éclats. Un Polonais et un Algérien qui circulaient alors dans le couloir menant à la salle des consignes ont été soufflés par l’explosion. Vingt-six minutes plus tôt, une première bombe avait ravagé le train "Le Valenciennes", parti à 17H30 de Marseille pour rejoindre Paris. Au niveau de la commune de Tain L’Hermitage, dans la Drôme, l’attentat a fait trois morts et 13 blessés.

A la gare Saint-Charles, le sol est jonché de débris humains. Le corps du Polonais est "quasiment coupé en deux", relate le président Olivier Leurent. Ses deux pieds ont été sectionnés et gisent dans leurs chaussettes. "Il était complètement déchiqueté", "il lui manquait des membres et des organes, il était difficile de savoir ce qui lui appartenait", confirme Philippe Gallorini.

« La réalité du terrorisme »

Alors que les photos des victimes défilent sur l’écran, Carlos, lui, discute avec ses avocats. Pas une fois depuis le début de son procès, il n’a daigné lever la tête pour regarder ces images. D’ailleurs, son avocate, Me Isabelle Coutant-Peyre, se lève quelques minutes plus tard pour s’indigner de ces "témoignages visuels de personnes traumatisées qui n’apportent strictement rien à la recherche de la vérité".

Il s’agit "des impressions personnelles, affectives de policiers", ces "personnes n’ont rien à dire", dénonce l’avocate, allant jusqu’à trouver "honteuses" et "indécentes" les questions de l’accusation à ces enquêteurs. Sur le banc des parties civiles, Me Francis Szpiner bouillonne. Pour lui, l’indécence est de l’autre côté de la barre : "Toucher du doigt ce qu’est la réalité du terrorisme, c’est important pour se forger une opinion."

Carlos est soupçonné d’avoir orchestré cet attentat. Il a reconnu jeudi avoir rédigé un des messages de soutien à cet attentat, mais accuse les groupements anti-terroristes de libération (GAL), des commandos espagnols anti-ETA, d’être à l’origine de la double attaque.

AFP - Le 18 novembre 2011


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