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Revue de presse

Covid-19 : la course au vaccin

08/10/2020

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Donald Trump l’a reconnu sur Twitter ce jeudi 8 octobre, un vaccin contre le coronavirus ne sera pas disponible avant l’élection américaine. Le président des États-Unis en avait pourtant fait un argument de campagne.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense 193 candidats-vaccins en développement dans le monde. Parmi eux, dix sont en phase 3 des essais cliniques, et parmi eux quatre sont chinois. Le candidat russe « Sputnik-V » en est également à ce stade. La phase 3 est la dernière dans le développement d’un vaccin. Les précédentes ont démontré une efficacité immunitaire et l’innocuité du produit ; il convient alors de tester le candidat sur plusieurs milliers de personnes afin de déterminer quel bénéfice réel apporte le vaccin à l’échelle d’une population. Ainsi, ce sont par exemple 2 000 Vénézuéliens qui ont été enrôlés pour constituer la cohorte de l’essai clinique du vaccin russe. En temps normal, cette phase 3 dure entre trois et cinq ans. Pandémie oblige, ce délai est considérablement raccourci, et si le vaccin n’arrivera pas aussi vite sur les étals qu’espéré par Donald Trump, il est envisageable qu’il soit disponible d’ici la fin de l’année ou début 2021.

Il s’agirait assurément d’une bonne nouvelle, mais ces premiers vaccins ne constitueront cependant pas la panacée : même s’ils joueront leur rôle dans la lutte contre l’épidémie, ils ne seront pas les plus efficaces, notamment en raison de l’urgence dans laquelle ils ont été développés.

C’est pour cette raison qu’il y a autant de candidats, et la recherche ne s’arrêtera pas dès que l’un d’entre eux sera disponible. Il faudra alors l’améliorer, le rendre plus facile à administrer et à stocker.

Ainsi, par exemple, la plupart des vaccins actuellement en phase 3 nécessitent plusieurs doses, ce qui les rend mécaniquement plus chers. Certains doivent être conservés à des températures de -30 °C, entraînant ainsi une logistique qui n’est pas envisageable partout dans le monde. Il y a donc encore de nombreux défis à relever.

Bénéfices de l’immunité croisée

L’immunité croisée a été au centre de nombreuses discussions cet été. Le virus responsable du Covid-19 est le Sars-CoV-2, il fait partie de la famille des coronavirus dont certains membres sont confortablement installés dans nos populations. Ces derniers ne sont heureusement pas aussi dangereux que le Sars-CoV-2, mais quand on souffre d’un gros rhume, c’est en général un coronavirus qui se cache derrière.

Etant donné qu’ils font partie de la même famille, le Sars-CoV-2 partage certains traits avec ses cousins, que notre système immunitaire connaît bien. Il a donc été envisagé un temps qu’avoir été exposé aux autres coronavirus empêcherait d’attraper le Covid-19 : c’est ce qu’on appelle l’immunité croisée.

On sait cependant aujourd’hui que ce n’est malheureusement pas le cas. Des chercheurs de l’école de médecine de Boston apportent toutefois des précisions dans le Journal of Clinical Investigation. Ils montrent qu’avoir été en contact avec un autre coronavirus atténue la sévérité du Covid-19. Les auteurs de l’étude ont en effet observé que les personnes malades du Covid-19 et ayant été récemment en contact avec un autre coronavirus, avaient moins de risque d’aller en réanimation, ou d’avoir besoin de ventilateurs ; moins de risques en somme de faire une forme grave. L’immunité croisée ne serait donc selon eux pas aussi efficace qu’espérée, mais pas inutile pour autant.