Le lundi 9 août 1982, vers 13 h 15, un commando armé s’en prenait au restaurant Jo Goldenberg, situé rue des Rosiers, au cœur du quartier du Marais à Paris. Selon les témoignages, le commando était composé de deux à cinq hommes. Une grenade était lancée en direction de l’établissement avant que plusieurs assaillants n’y pénètrent et n’ouvrent le feu au pistolet-mitrailleur sur les personnes présentes. Les terroristes poursuivaient ensuite leurs tirs dans la rue lors de leur fuite, atteignant également plusieurs passants. Cet attentat a fait six morts et vingt-deux blessés parmi les clients du restaurant, le personnel et les passants.
Les investigations ont attribué cet attentat au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR), également connu sous le nom d’Organisation Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine dirigé par Abou Nidal. Cette organisation était alors impliquée dans plusieurs attentats commis en Europe.
Les auteurs présumés ont été identifiés au cours de l’instruction. Toutefois, leur présence dans différents pays et l’absence d’exécution de plusieurs demandes d’extradition françaises, notamment par la Jordanie, la Norvège et les autorités palestiniennes, ont longtemps empêché la tenue d’un procès. Pendant plus de quarante ans, la procédure a connu de nombreux rebondissements et de longues périodes de blocage.
Après plus de quarante années de procédure, l’année 2025 a marqué une avancée décisive. Le 9 juillet 2025, le Parquet national antiterroriste a rendu son réquisitoire définitif. Le 31 juillet suivant, les juges d’instruction ont rendu une ordonnance de mise en accusation renvoyant six hommes devant la cour d’assises spécialement composée, compétente en matière de terrorisme. En septembre 2025, Hicham Harb, présenté comme l’un des superviseurs présumés de l’attentat, a été arrêté par les autorités palestiniennes, extradé vers la France puis placé en détention provisoire dans l’attente de son procès. La Cour de cassation a par ailleurs confirmé la tenue du procès en rejetant les recours formés contre l’ordonnance de mise en accusation.
Le procès devant la cour d’assises spécialement composée est désormais acquis, même si sa date d’ouverture reste à fixer.
La FENVAC accompagne plusieurs parties civiles dans cette procédure et réaffirme son attachement au droit des victimes à obtenir vérité et justice, quelles que soient les années écoulées depuis les faits.
En ce jour de mémoire, la FENVAC rend hommage aux six personnes assassinées lors de l’attentat de la rue des Rosiers. Elle adresse également une pensée à l’ensemble des blessés, aux familles endeuillées et à tous ceux qui, plus de quarante ans après les faits, continuent de porter les conséquences de cette tragédie. Ce temps de recueillement rappelle que la lutte contre l’oubli constitue l’un des fondements de la mémoire des victimes du terrorisme.





