Il y a 18 ans, le vol 269 de la compagnie low-cost thaïlandaise One‑Two‑Go Airlines s’écrase à l’atterrissage à Phuket sous un ciel orageux, frappé par des pluies torrentielles et des cisaillements de vent puissants : le McDonnell Douglas MD‑82 heurte un talus en bordure de piste après une remise de gaz ratée, l’avion s’embrase, provoquant la mort de 90 personnes et en blessant 40 autres. Le copilote, aux commandes, tente de confier le contrôle au commandant alors qu’ils s’engagent dans une remise de gaz : le train d’atterrissage est rentré, mais aucune poussée de gaz n’est réellement appliquée, le pilote automatique réduit la puissance, l’avion décroche et percute le sol. Parmi les victimes, figurent des passagers de 14 nationalités : on relève notamment 9 Français décédés et un survivant , ainsi que des ressortissants du Royaume-Uni, d’Australie, du Canada, d’Iran, d’Israël, d’Allemagne, d’Irlande, de Suède, des États‑Unis et d’autres pays.
Photographie du MD-82 impliqué dans l’accident, exploité à l’époque par la compagnie TWA.
Sur le plan judiciaire, une information pour « homicide involontaire », « mise en danger de la vie d’autrui » et « abstention volontaire de porter secours » est ouverte en France en juillet 2008 à la suite d’une plainte d’une famille française. En juin 2019, un procès s’engage au Tribunal de Paris sur fond de critiques accablantes : manque de respect des temps de repos des pilotes, fatigue, formation déficiente, maintenance et sécurité insuffisantes. Le parquet requiert la peine suivante : quatre ans de prison, 75 000 € d’amende et un mandat d’arrêt international à l’encontre de l’ancien dirigeant de la compagnie aérienne. Le 3 septembre 2019, le Tribunal correctionnel de Paris le condamne en son absence aux mêmes peines pour homicides et blessures involontaires aggravés, tout en maintenant le mandat d’arrêt international. L’homme n’a jamais répondu aux convocations françaises et demeure introuvable en dehors du territoire. En parallèle, les autorités thaïlandaises avaient fermé les licences de vol de la compagnie et de sa maison-mère pour 30 jours, puis l’aviation civile thaïlandaise a retiré le certificat de transporteur aérien. One‑Two‑Go a été interdite en Europe entre 2009 et 2010 pour raisons de sécurité, avant d’être liquidée en septembre 2010.
Quant au souvenir, il n’existe pas de lieu mémorial à notre connaissance. La FENVAC tient à exprimer, en ce jour de mémoire, toute sa solidarité aux familles des victimes et aux survivants de cette tragédie.
Ne les oublions pas.






